LES GALOPINS DE CALCUTTA, SUISSE
LES GALOPINS DE CALCUTTA, SUISSE
Le parcours
Fabienne est arrivée en 1998 à Calcutta. Très rapidement elle se lie aux enfants des rues et commence à prospecter à la recherche d’un appartement afin d’accueillir certains d’entre-eux. 1999 ouverture du premier foyer et arrivée de ces quatre premiers occupants, l’association est créée. Par la suite, ouverture de deux autres foyers (2001, 2006).
Pendant toutes ces années, Fabienne a raconté, à travers des bulletins mensuels puis trimestriels, ses aventures, ses doutes, ses réussites et surtout ses Galopins...., en voici quelques extraits:
Bulletin n°7 - Les Galopins de Calcutta Juillet 1999
La mousson est arrivée depuis mi-juin et nous a délivrée des grosses chaleurs. Il pleut tous les jours, mais non de façon continue. Heureusement, car déjà les rues s'inondent à une vitesse impressionnante.
Sur l'une des plus chics artères de la ville, une petite fille vient de naître. Ses parents lui ont installé une mini moustiquaire sur le trottoir et souvent je la vois dormir sur son bout de tissu, bien loin de toute préoccupation.
Nous rencontrons Rajokumar, 8 ans, à Sudder Street (la rue des touristes) accompagné d'un tout petit (environ 1 an). Il nous raconte qu'ils sont frères et qu'ils n'ont plus personne, que les parents sont morts dans un incendie. Les deux compères ne se ressemblent absolument pas et Sonu croit reconnaître le petit Raoul de la gare. Nous nous y rendons aussitôt et apprenons que Raoul a disparu. L'enfant est raccompagné près de sa mère. Nous n'avons pas su pourquoi Rajokumar avait pris l'enfant mais sûrement pour mieux mendier ou alors peut être était-il trop seul. La façon dont il prenait soin du petit était très émouvante. Quelques jours après cette histoire, il va de lui même à Don Bosco. J'espère le revoir bientôt.
Bulletin n°9 - Les Galopins de Calcutta Septembre 1999
A LA GARE
# Début août, le gouvernement indien a décidé de "nettoyer" les gares. Il y a eu deux rafles de suite et environ 40 enfants se sont fait prendre. Ils ont été placés dans des foyers qui ont très mauvaise réputation (insectes dans la nourriture, entassement dans les chambres, pas de vêtements décents... . Les enfants quand ils s'en échappent nous parlent de prisons...).
Ca a été bien déprimant de retourner à la gare car la quasi totalité des enfants avec lesquels je travaillais se sont fait prendre. Tout le mois d'août, nous avons donc travaillé avec seulement quelques enfants.
Bulletin n°13 Les Galopins de Calcutta 2ème trimestre 2000
Je me rends 2 fois par semaine à la gare avec mon coéquipier, Sonu. Nous discutons avec les enfants, leur donnons un bain, soignons leurs petites blessures et les incitons à intégrer une structure d'accueil. Nous sommes en contact avec plusieurs organisations qui accueillent ces enfants. Beaucoup d'enfants acceptent de se rendre dans les différents foyers existants, mais peu y restent. Après une bagarre, une punition, une frustration ou même sans aucune raison, les enfants décident de retourner à la gare où vraisemblablement, ils se sentent mieux, plus libres en tous cas. II faut intégrer le fait que certains n'ont connu que cela pendant des années. Cet univers leur est familier et est d'une certaine façon rassurant. Beaucoup aussi ont de graves problèmes psychologiques, ce qui ne facilite en rien leur intégration.
Bulletin n°24 LES Galopins de Calcutta 3èME TRIMESTRE 2004
Raju, environ 9 ans, a été trouvé à la gare et a accepté de suite d'intégrer un foyer. Après l'avoir interrogé, il nous a raconté s'être enfui de chez lui il y a longtemps. Nous avons donc décidé d'essayer de le réintégrer dans sa famille. Sonu est donc parti (à l'aventure) pour retrouver la maison qui se trouvait à quelques 900 km de Calcutta ! Après train, bus et bateau au milieu de marécages dans une région habitée aussi par les tigres, ils ont trouvé la maison. Le père (la mère est décédée) a voulu toucher les pieds de Sonu (signe de grand respect) et la grand mère a pleuré pendant longtemps. Ils avaient essayé de retrouver leur garçon mais sans succès. Raju a donc été très bien accueilli et nous sommes vraiment contents d'avoir permis à cette famille d'être de nouveau ensemble.
.... et encore plus d’histoires sur le site de l’association française.....